Alimentation

Un trou béant dans notre sécurité nationale
➔ 3 jours d’autonomie alimentaire moyenne dans les stocks des magasins de la grande distribution
➔ 2% autonomie alimentaire moyenne des territoires via la production agricole locale
➔ 0 stock alimentaire d’urgence prévu par la loi s’il y a rupture des chaines d’approvisionnement

Derniers articles sur l’alimentation

La sécurité des approvisionnements alimentaires dans le rapport public annuel de la Cour des comptes

Les alertes que nous faisons ici depuis des années et Stéphane Linou depuis 20 ans, semblent avoir un écho, ici dans le Rapport public annuel 2022 de la Cour des Comptes publié aujourd’hui qui a consacré un grand volet sur la sécurité des approvisionnements alimentaires. Comme nous le disons depuis toujours, les solutions sont dans […]

67 – Un redoutable enjeu

La question principale est la suivante : quelle serait la diminution des rendements agricole en absence d’engrais azotés industriels aujourd’hui, et au final, est-ce que 10 milliards d’humains pourraient survivre l’année prochaine avec une agriculture privée d’engrais azotés…?

Le DICRIM : qu’est-ce que c’est ?

Le Dossier d’Information Communal sur les RIsques Majeurs est un document que doivent mettre à disposition les mairies auprès de leurs administrés sur les risques majeurs naturels ou technologiques existants, sur la commune, et les mesures de prévention et de protection prévues.

Action en cours

Notre partenaire Brigade DICRIM est une association de fait composée de citoyens qui alertent les maires et les préfets sur le risque majeur de rupture des chaînes d’approvisionnement alimentaire.

Vous trouverez sur la page web dédiée à l’action toutes les informations nécessaires ainsi que les lettres types à adresser à votre maire.

Une nécessité d’autosuffisance alimentaire au niveau communal

Qu’est-ce que l’autosuffisance alimentaire par la « Ville nourricière » ?

C’est la capacité d’une population donnée de se nourrir sans importer de denrées venues de l’extérieur de ses frontières. Cette notion doit aussi prendre en compte le besoin en eau potable dont l’approvisionnement continu est impératif.

Ce que dit la loi :

En France, la loi ne dit presque rien hormis pour la Polynésie.L’autosuffisance n’est plus prévue par les gouvernements depuis des décennies. Pourtant, lors de la 2e Guerre Mondiale, le peuple Français avait subi les affres de la faim.

Dans les faits :

« Rappelons qu’en France, l’autosuffisance alimentaire n’a été atteinte qu’au tout début des années 1980 : elle est le résultat d’un ensemble de systèmes de production mis en place à un moment où les gens ne mangeaient pas à leur faim. En 1950, l’Hexagone importait la moitié de ses denrées alimentaires ! Un réel exploit a donc été accompli par l’agriculture française et européenne en quelques décennies. » (Source : Nouvel Obs. article intitulé « Bio, scandales sanitaires, guerre des prix : l’agriculture française à la croisée des chemins »)

Mais notre taux d’autosuffisance alimentaire est tombé en 2009 à 83 % (Source : Wikipedia)

Aujourd’hui, du fait de la politique agricole, chaque région s’est spécialisée dans un type de production alimentaire. Cela a débouché sur des monocultures nécessitant impérativement de faire appel à des modes de transports pour desservir et nourrir la population.

Les villes, par le biais de la grande distribution, ne disposent que de 3 à 5 jours de stocks alimentaires, et encore, sous réserve que les réfrigérateurs fonctionnent.

Suite dans notre livret explicatif :

Votre commune est elle autonome et résiliente ?

L’outil CRATer, le Calculateur de Résilience Alimentaire des Territoires permet de mesurer la résilience alimentaire de votre territoire

Vous pourrez transmettre les résultats à votre Maire..

4,3 L par français par jour, c’est la moyenne de consommation de pétrole, en France.

A votre avis pourquoi la géopolitique peut vider votre assiette ?

Un peu moins que ces 4,3 L et il y a forcément un secteur d’activité économique qui sera sacrifié.  On choisit quoi ? La santé ? On achemine moins de médocs, qui meurt sacrifié ? Les transports routiers ? Les supérettes se vident ? Qui mange moins ? Les gens ne vont plus bosser ? Quel salaire reçoivent-ils ? Etc… etc…

Consulter son DICRIM en mairie

Chaque administré peut agir auprès du Maire de sa commune et du Préfet de son département pour faire inscrire en tant que risque majeur l’autonomie alimentaire locale et leur stockage sécurisé.

Et ceci, en cas de rupture de la chaîne d’approvisionnement pendant une période qui pourrait atteindre quelques mois et ainsi faire inscrire cette problématique dans le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) et le DICRIM.

La Brigade DICRIM vous propose un modèle de lettre à envoyer au Maire et au Préfet. Au plus nombreux vous serez à le faire, au plus le Gouvernement prendra en compte cette inquiétude citoyenne et apportera des réponses législatives. Et cette démarche correspond aux obligations légales prévues dans la loi 2004-811 de modernisation de la sécurité civile. 

Méthode en 3 étapes

1- Je le consulte sur Internet OU je vais à ma Mairie (recommandé). Je demande à parler à une personne en charge de la sécurité publique

2- Je le lis. Je constate qu’il est (très probablement) incomplet et non actualisé. Un Dicrim s’actualise après chaque crise majeure de la ville, du pays, du monde et au pire tous les 3 ans.

3- Je demande une mise à jour en insistant pour que la résilience alimentaire soit prise en charge.

Conseils pour être confiant lorsqu’on demande son DICRIM en mairie, et retour d’expérience de Céline

Images aide-mémoire argumentaire

Quatre images, chacune d’elle est un « aide-mémoire argumentaire » qui vous aidera dans votre démarche de consultation de DICRIM
Imprimez ces images et recopier au verso les questions correspondantes.

  1 – sans pétrole pour remplir les circuits d’alimentation de nos supermarchés, on mange quoi ?  

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    2 – où est la résilience alimentaire locale qui permettrait de traverser une crise des circuits alimentaires longs ?  

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  3 – la commune ne doit-elle pas empêcher
les troubles à l’ordre public ?
Crédit image Marjolaine Gaudard

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  4 – la résilience alimentaire locale, n’est-ce pas le meilleur point de départ pour réduire notre dépendance aux hydrocarbures et préserver la planète ?

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Possibilités pour les mairies

Imaginez que l’approvisionnement des magasins de votre commune ou de ceux proches soit bloqué …

Alimentation (production locale, stock de semences, engrais, rations de survie, savoir faire, stockage des productions, distribution, mise en place de jardins maraîchers communaux)

Il est de plus en plus évident à nos yeux que le collapse se rapproche et qu’aucune commune n’est réellement autonome et résiliente.

Nous  proposons aux Maires et aux conseillers municipaux de réfléchir rapidement à la mise en place de l’organisation nécessaire afin de produire les aliments de base nécessaires à la survie de sa population en cas d’effondrement. Mais lorsque celui ci aura lieu, il sera trop tard pour s’organiser.

La mise en place d’une régie communale agricole est un projet qui peut  être mis en œuvre très rapidement.

La régie est un établissement public chargé de la gestion d’un service public dans laquelle la collectivité compétente assure avec son propre personnel la gestion du service. Les collectivités territoriales peuvent constituer une régie pour l’exploitation directe d’un service public industriel et commercial

 Les démarches se présentent ainsi :

– Décision de la commune (modèles existants et adaptables d’Ungersheim, Loupiac, Mouans-Sartoux) sur la forme juridique de l’acquisition ou la location d’une exploitation et de la régie

– Une fois la régie agricole communale envisagée, un comité de pilotage est créé pour rechercher des partenaires financiers (il peut s’agir des habitants de la commune)

– Achat ou location de terres agricoles, ou utilisation des ressources foncières communales. Il faut compter 1 ha de terres cultivables pour 100 habitants. Un contrat avec un agriculteur exerçant sur la commune, si possible spécialiste en permaculture (difficulté prévisibles d’approvisionnement en engrais dans le futur) est également envisageable. Dans ce cas l’agriculteur reçoit un revenu complémentaire lui permettant de vivre dignement, lui sa famille et ses employés.

– Des équipements de  production électrique photovoltaïque, biocarburant, biogaz, etc permettant l’autonomie complète de l’exploitation agricole sont inclus dans le projet et, si nécessaire, construction communale d’une habitation et des bâtiments techniques agricoles nécessaires et de la production d’énergie nécessaire (serre, grange, silos, etc)

– Un personnel compétent est ensuite recruté et assigné à l’exploitation, la transformation et la distribution

– Diversification progressive des productions agricole et montée rapide en production pour satisfaire aux besoins de base des habitants d’un village. La production supplémentaire non vendue localement est « exportée »  sur les communes environnantes ou stockée lorsque c’est possible (filière conserverie ou déshydratation)

Un exemple :  Mouans-Sartoux   

La municipalité a acquis il y a quelque années un ancien domaine agricole de 4 hectares, le domaine de hautes Combes, en se donnant pour objectif la création d’une régie municipale agricole qui aurait pour mission de produire des légumes biologiques pour les restaurants scolaires.

Depuis 2011, un agriculteur communal a été recruté afin de produire des légumes, l’objectif étant d’essayer de «tendre vers 100 % des trente tonnes de légumes utilisés annuellement par les cantines municipales scolaires qui accueillent chaque jour les élèves de la commune.

Un modèle différent à Albi

En 2014, la Ville d’Albi s’est fixée l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. La finalité de ce projet est l’approvisionnement des ressources alimentaires pour l’ensemble des albigeois dans un rayon de 60 km en utilisant diverses ressources :

  • Les jardins partagés
  • Les maraîchers locaux
  • L’utilisation de l’espace public.
  • La reconquête de certains espaces privés non utilisés
  • La Ville rachète progressivement les terrains (70 ha) de la zone Canavières pour les proposer à la location à des agriculteurs avec les exigences d’agriculture biologique et de la vente de leurs produits dans un rayon de 20 km
  • Un Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole pour Adultes s’est aussi engagé, sur les parcelles qu’il exploite, à créer une légumerie collective pour développer une agriculture de proximité sur les parcelles qu’il exploite

Ces deux exemples montrent qu’il est possible d’agir efficacement dans chaque commune . Néanmoins ils nous semble que les maires devraient tenir compte des deux observations suivantes

  • Il faut du temps pour mettre en place une telle production locale. La réserve de graines (non hybrides) reste une priorité. Gardées dans de bonnes conditions (froid  sec et obscurité), elles permettront de mettre très vite en route la production en cas de collapse.
  • Il reste donc nécessaire de suggérer fortement aux habitants de disposer d’un stock de conserves ou de déshydratés d’au moins quelques semaines de consommation, y compris l’eau potable nécessaire..

Les conserves : prévoir un lieu où puissent être stockées les conserves nécessaires à l’alimentation de « réfugiés urbains » pendant plusieurs mois.

Les semences de produits alimentaires variés permettant une production locale sur 2 années . Comment les acheter et les conserver dans de bonnes condition ?  Ici encore il faut prévoir une production locale d’électricité afin d’être certain de pouvoir garder les semences en zone réfrigérée et déshumidifiée.*

CHAQUE COMMUNE DEVRAIT AUSSI, DES AUJOURD’HUI,
DISPOSER DU STOCK DE SEMENCES NÉCESSAIRE

Les Maires doivent penser à la possibilité de jardins maraîcher communaux, Si vous voulez tout savoir sur les « jardins familiaux » , lisez cet article de Wikipedia.

Les administrés doivent pouvoir emprunter à la bibliothèque communale un certain nombre d’ouvrages de jardinage.

Un stock de semences potagères est indispensable, mais aussi un stock d’outils manuels de jardinage. 

Pour ceux qui voudraient se créer un petit potager (environ 120 m2), permettant d’obtenir toute l’année les légumes nécessaires pour l’alimentation de 2 personnes, nous conseillons ce petit programme de culture établi par « Nadia » productrice de graines Kokopelli, téléchargeable sur ce lien:  Nadia (et pour ceux intéressés, les références de commande des graines chez Kokopelli).

A SOS MAIRES, nous aimons aussi  beaucoup les techniques développées dans la série vidéo Le Potager du Paresseux.

Point de vue

« Il n’est pas évident de se mettre à choisir des alternatives lorsque l’on est habitué à cultiver/élever selon des pratiques que l’on exerce depuis longtemps, que cela soit en élevage traditionnel, chimique ou biologique.  » Lire la suite de cette réflexion sur la page « agroécologie » de hym média,  http://hym.media/agroecologie/

Prévoyance au niveau individuel ou familial

L’action au niveau collectif, telle que nous la préconisons ci dessus, n’empêche pas la prévoyance au niveau individuel ou familial.

Envisager pour soi même et sa famille les conséquences d’un effondrement économique et social de plusieurs semaines, si ce n’est de plusieurs mois, temps nécessaire pour que l’Etat se réorganise.

Ainsi , trois mois de stocks alimentaires, eau potable et médicaments indispensables, une production électrique minimale hors réseau, un système de chauffage autonome, un système de filtration de l’eau, un système de communication entre voisins (hors téléphone et internet), une sécurité passive, un potager et quelques poules lorsque c’est possible (à défaut une adhésion à une AMAP locale), nous semblent la meilleure assurance possible…

Le kit d’urgence de 72 h proposé par le Gouvernement  est – bien qu’indispensable – notoirement insuffisant car il considère des problèmes localisés.

En ce qui concerne les travaux pratiques individuels, voir l’article 66 du blog, exemplaire!

Ne manquez pas ce rappel sur les « semences paysannes »

2 réponses sur « Alimentation »

Tellement nécessaire et tellement compliqué a trouver le foncier. Par contre débloquer deux hectares pour un centre sportif c’est feu vert soutenue par la région. Et l’impact Covid n’y as rien fait, en tout cas dans ma ville.

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